mercredi 28 janvier 2015

7) De Manaus à Humaita...le retour!

25 janvier
Après avoir fêté l'anniv' des 70 ans de la dernière précheresse de la BR319 hier soir à grand coup de génoise chocolatée et coca frelaté, nous avons passé une bonne nuit dans nos draps humides..il est temps de partir!

Vous décrire l'engin dans lequel nous devons monter n'est pas facile, ce doit être un pick-up Ford croisé avec une bétaillère. On a pas le choix les mémères sont dessus mais par rapport au porteur elle font figure de nouveaux nés.

Le chauffeur est accompagné de sont fils qui doit avoir 10 ans environ et qui fait office d'assistant meccano...et porteur d'eau. Il invite Alain à monter au milieu (enfin presque nous somme 4), je suis donc à l' extérieur droit (pas tout à fait seulement l’épaule et le bras sont dehors), son fils monte aussi au milieu et le chauffeur occupe bien une place devant le volant, mais lui a droit a deux coussins supplémentaires.


Broumm....enfin plutôt CLACCLACCLAC, le diesel de 50 ans est en route, il a du faire ses débuts chez massey fergusson. C'est parti pour 190km de piste et un peu de goudron; le chauffeur pilote pieds nus, il ressent mieux les choses ainsi, il passe les premiers bourbiers avec dexterité, il faut reconnaître qu'il est balaise, surtout avec ce tas d'os aux pneus lisses et à la direction dont le jeux fait rêver, après vérif à l’arrêt, plus d'un demi tour de volant dans le vide!!
Mais bon, ça passe, même si il faut s'accrocher fort au retros extérieur pour pas trop taper la tête dans les bosses. Nous revivons en direct tous les passages boueux ou nous en avons tant chié dans l'autre sens.
Parfois, devant un bourbier plus crade qu'un autre, le chauffeur descend voir par ou il va bien pouvoir passer, toujours pieds nus pour pas y laisser les tongs. Puis il repart en touchant le chapelet après s’être signé, le manbo de ses pieds est très sympa à regarder, le ralenti étant inexistant sur ce modèle, il fait du talon pointe, mais pour pouvoir freiner, il doit pomper au moins 4 fois; avec le pied droit il tient la pédale d'embrayage les doigts crispés autour.


Au premier relais radio, il klaxonne les ouvriers pour les prévenir que nous nous aventurons plus loin, nous pension naïvement qu'il les saluait, mais en fait ils nous suivent pour nous assister. Bonne initiative, puisque au premier pont, qui parait un peu usé nous aurons besoins d'eux. Le chauffeur hésite et c'est pas bon....bingo! la roue avant droite passe à travers le pont, il tente une marche arrière, mais ça bouge pas, nous descendons prudemment pour voir, oh pt'1, y'a au moins 6/7 mètres dessous et la moitie de la roue est enfoncée...nos amis radios accourent, nous treuillent en marche arrière, déplacent quelques planches et c'est bon, on peu y aller....nous sommes dans une autre galaxie!!


On regarde un peu derrière si le toyota des radios suit car il a du passer aussi, et en route vers d'autres bourbiers.
Au bout de quelques kilomètres l'assistant voit un cochon, ni une ni deux le chauffeur lache tout, donc le moteur cale, il attrape son fusil deja chargé derrière la banquette en frolant nos tete du bout du canon et part pieds nus sur la piste....10 mn plus tard il revient brocouille comme on dit dans le bouchonois, on repart.

Pas longtemps, après quelques centaines de mètres lancés à fond de 4, soit environ 40km/h le chauffeur est alerté par un bruit bizarre derrière...comment fait-il pour entendre quelque chose dans ce brouhaha??? Il est vraiment balaise, il a du détecter un jeu supplémentaire, les 8 écrous de la roue jumelée gauche sont devissés de 3cm sur les goujons....illico le mécano décennaire se jette sous la benne pour y placer le cric, puis nous nous relayons pour tout revisser sur les goujons usinés par la jante..Je fait voir au chauffeur que le pneu intérieur est déchappé de la moitié de la bande de roulement, mais ça, c'est apparemment normal , il a du les récupérer comme ça.
Plus nous montons au nord plus la piste sèche et s’améliore, mais l'inconfort est tel que nous ne voyons plus le bout de ce voyage.

Quelques poses pour remettre de l'eau dans le radiateur ou un écrou sur le boitier de direction, et la piste défile. A un moment le chauffeur tend sa tasse à Alain qui lui sert volontiers de l'eau fraîche, mais il la jette sur le pare brise ou plutôt pare boue, mais il vrai qu'on y voyait plus grand chose, j'y ajoute un 1/2 litre d'eau de chez Ray sans regret.
Enfin, arrive le bitume...certes, ça saute moins, mais nous avons encore plus peur de rouler à 40/50 km dans ce tombereau que sur les pistes, il arrive à peine à le tenir sur la route et il faut au moins 500 m pour s’arrêter.

Enfin le pont de Careiro est en vue...on a l'impression d'arriver à Venise, toute la misère, la saleté et les dégradations de ce bourg qui nous avaient sauté aux yeux sont effacés, presque tout nous semble beau!
Nous retrouvons notre hôtel, toujours pas effondré,mais nous ne voyons plus les défauts non plus, il est presque surclassé!

Nous regardons l'heure, 14h, zut tout ferme à 13h, le taulier nous fait crédit, le transporteur repart avec les mémères car il est pas payé, nous allons à la station car ils prennent la carte bleue, faisons quelques courses et nous demandons du cash en échange de la surfacturation.
Dans la chambre, nous dégustons nos bières, accompagnées de chips et de noix de cajoux ...krobon. sur une table assemblée avec trois tiroirs de la commode, puis une douche, certes froide, mais réparatrice.

Avec les 50 réals détournés à la station nous nous offrons une pizza.

27 janvier
Pour aujourd'hui, ya du taf si on veut repartir demain....trouver des sous..et ici c'est pas simple, décharger les mobs, elles sont perchées à plus d'un mètre, ressouder ma béquille et régler au mieux les suspattes de la mémère de linlin. Et ben des fois déus est avec nous, car à 14h tout est fait on a même pu trouver un spot wifi avec les mots de passe qui nous permet d'appeller les familles par skype et de communiquer avec les amis, et bien sur mettre à jour le blog.

Demain direction Manaus, puis Santarem par bateau et Porto Velho par la BR320 qui elle doit être praticable.