mardi 27 janvier 2015

6) De Manaus à Humaita II

22 janvier
Après une journée de lessive qui n'a pas séchée et de mécanique sur les deux mémères, réglage carbu, tension de chaîne sur celle de linlin et rafistolage du porte paquet encore dessoudé et surtout remplacement de ma béquille cassée lors d'une chute par une fournie par Raimondo, nous partons décidés à terminer cette foutue BR319 en 2/3 jours.



D'autant que pour s'alleger et dédommager Raimondo pour sa gentillesse nous avons laissé toiles de tente, table et quelques objets comme cela nous n'avons plus que deux sacs polochons chacun.
En 15 mn nous avons déjà avalé 7km sous le beau soleil du matin.
Ça commence, la brèle de linlin déconne déjà et refuse de prendre des tours....nous décidons de démonter de suite plutôt que continuer ainsi car il ya quand même 300 km à faire. En recherchant la panne nous demontons les bougies pour les changer et trouvons celle de droite desserée; depuis le départ on à déjà travaillé 2/3 fois sur la gauche!!!!
Le temps passe et la chaleur monte, ici quand il ne pleut pas le soleil est insuportable.
Nous repartons quand même, mais moins fiers que le matin, cette piste est vraiment défoncée, constituée de courtes portions goudronnées et surtout de passages boueux très glissants et profonds.

Avec les bagages il est très difficile de passer sans aide, de plus nous nous apercevons que l'amortisseur Ar de linlin s'est fortement dégradé et qu'il ne remonte plus le cul de la mob dans les trous, d'ou des passages presque impossibles.
Nous décidons que j'essayerai de passer les plus gros bourbiers avec les deux motos car linlin ne s'est pas bien remis de nos aventures des jours précédents.
Très bonne initiative puisque je fini par tomber dans une belle mare de glaise les deux bras en avant plantés jusqu'aux coudes.

Là, coincé les deux bras dans la glaise et pied sous la moto, linlin raplique pour me libérer. Il lui faut d'abord enlever les bagages pour tenter de soulever la mob seul, car je suis face au sol, l'effort est très important car la moto est posée sur le crash-bar les deux roues en l'air. Enfin, il y parvient, je me relève et je suis litéralement aspiré par le fond de la glaise au point de presque y laisser les bottes. Reste plus qu'à relever la moto. La aussi pas simple, à deux on se débat dans la boue mais on fini par y arriver, j'arrive à la redémarrer (c'est celle de linlin), je béquille et je retrouve mon lapin proche de l'épuisement sous les seuls 2,5m2 d'ombre du coin. On se repose et on se fait un café, l'eau de jerrycan étant déjà très tiède.

1h plus tard,on repard, et au bout de 500m, je tombe à nouveau, mais avec la mienne...splash!! là j'y mets la tête...heureusement que c'est le casque à linlin!! Sur le coup je suis vener...mais j'ai de la boue plein la bouche et les yeux, heureusement il y a une flaque d'eau croupie pour me rincer, cette fois je trouve l'eau des jerrycans buvable.
Ma mob est dans une telle posture qu'on se demande si on va pas l'enterrer là!! Le temps de la décharger et nous constatons que nous ne pouvons pas la soulever tellement cette fois elle est en dévers...une idée, se servir des sangles pour la traîner hors du trou; ça marche, mais nous devons nous y reprendre à 5 ou 6 fois pour lui donner un position acceptable. Dans un dernier effort nous la remettons sur roues, la poussons pour la béquiller sur le dur, et reprendre des forces.
On recharge ma mob, mais ça y est, une petite averse genre orage du mois d’août dans nos contrées arrive, ça rafraîchit, mais ça rempli les bourbiers, maintenant on aura plus idée de la profondeur des trous; je vais pour prendre celle d'alain pour le bourbier suivant, mais patatras, la béquille de Raimondo à plié comme une nouille sous le poids de ma mémère chargée...sont peut-être un peu lourdes!!
Cette fois sous l’énervement on la redresse sans décharger...restait un peu force à Alain, en fait. Bon, aller, on y retourne, bourbier suivant, là, malgré l’amortisseur anémique de la mob bleue, je passe sans tomber, faut dire que mon lapin me tenait debout par le porte paquet; au tour de la mienne, facile puisqu'elle va mieux, mais on à déjà trop donné, brouf, par terre. Pareil on décharge pas pour le redresser, mais faut dire qu'ici j'avais pas pris de bain, n'empêche que nous sommes épuisés. On insiste encore un peu, Alain m' a trouvé un magnifique bout de bois d'un mètre pour béquiller, mais nous nous rendons compte que nous n'avons fait que 9/10 km depuis 9h et il est 15h!!! A cette allure on fini les 300 km de piste qui restent dans 30 jours, on va rater l'avion à Buenos aires...sans rire, l'heure est grave, on décide de camper ici pour réfléchir.



Nous montons notre abris à même le goudron, les abords de la piste étant marécageux; comme on ne peut planter tous les piquets on attache un bord à la mob d'alain, la sienne à une béquille.
Nous décrassons dans les flaques nos blousons pantalons gants et bottes, mais ici tout sent le pourri, les flaques comme les vêtements, en ouvrant nos valises souples pleines de boue avec peine car les fermetures éclair sont grippées par la boue , nous constatons que l’intérieur lui aussi est couleur locale, presque plus rien à se mettre, Alain est même obligé de me louer un caleçon, pas grave il le tiendra à la main pour pas qu'il tombe, d'autant qu'on a déjà du perdre au moins 5 kg depuis le début de nos vacances, par personne et hors taxes.

On s'installe tranquilles, mais le moral est pas bon...on verra demain une fois reposés, on mange nos nouilles achetées à Careiro, genre bolino, mais que c'est bon!  éclairés par les frontales position lumière rouge, sinon c'est l'attaque instantanée d'on ne sait quels insectes! On s’endort au bruit de la faune qui nous entoure, une bestiole fait un bruit genre mobylette, des crapauds  et des genres de cigales électriques...des singes aussi peut-être, on sait pas trop depuis qu'on à passé Careiro, on a vu que des grenouilles, un crapaud d'au moins 500 grammes et un ptit serpent de 2m50 sinon les poules et les racoins (canards) anorexiques de Ray.

Pendant la nuit il pleut, pas trop fort, heureusement, car le vent  a déchiré notre abri decathlon déjà réparé au scotch américain, Alain a bien dormi, éloignant ainsi les animaux, mais moi, je n'ai pas fermé longtemps les yeux, je me posais trop de questions quant à notre avenir.

23 janvier
Au petit matin, le moral est toujours pas là, après discutions et débat sur les possibilités restantes, nous décidons de rebrousser notre chemin à pied, la mémère d'alain et surtout son amortisseur ne nous inspire plus confiance, nous avons juste l'essence pour un aller simple à la prochaine pompe, de quoi manger 2 jours et 10 litres d'eau, même si sur ce point nos exigences qualitatives et gustatives de l'eau de source ont évoluées vers le bas.
Certe, marcher à nouveau sur cette piste ne nous enchante pas, nos pieds ne sont pas guéris, mais nous avons encore une paire de chaussures de marche sèches et moi deux paires de chaussettes. Nous comptons sur Ray pour trouver une solution pour rapatrier les motos jusqu'à Humaita, soit la fin de la piste, est ainsi sauver notre voyage.

La marche est dure et longue, car bien sur quand on en a besoin, il ne pleut pas, et il doit faire pas loin de 45 degrés en plein soleil, et ici il est aussi haut qu'à midi chez nous. Nous pourrions faire du stop... mais nous avons raté le seul véhicule qui est passé ce matin, nous n'avions pas fini de ranger nos affaires et de caler les motos l'une contre l'autre sur une seule béquille. Dans l'autre sens un 4x4 s’arrête et nous offre deux bouteilles d'eau fraîches, il faut en profiter elle ne font que 30cl. Elles nous ferons quand même 7 km, nous les remplirons dans une sorte de ruisseau presque frais, genre 27-28 degrés pour finir le voyage. Nous retrouvons enfin la pousada de Raimondo à peine surpris de nous retrouver, il nous offre de l'eau puisée direct dans sa rivière, y'en a plus de fraîche.

Après une difficile discussion franco/portugaise du brésilaoutch, nous comprenons que personne ne veux prendre le risque de faire cette piste dans sa totalité en camion ou camionnette et que nous n'avons pas d'autre choix que de retourner à Careiro, et encore c'est pas si simple, il doit aller téléphoner on ne sait ou à mobylette pour commander le taxi à 2000 boules! Dodo dans un vrai lit mais à deux car la pousada est pleine ce soir.

24 janvier
Après une nuit réparatrice sous un orage tropical, nous profitons de ce jour pour laver au mieux les fringues que Ray est retourné chercher et surtout les faire sécher entre deux averses, mais ça repose des jours précédents. Le téléphone iridium n'a plus d'accus son chargeur 12v ne marche plus, ici y'a rien d'autre que des batteries de camion, pour pouvoir communiquer nous le branchons sur les 4 piles lr06 de l'appareil photo d'Alain en série mais c'est trop juste, nous y ajoutons en parallèle 4 autres de Raimondo elles aussi en série....mais elles rendrons vite l’âme, juste le temps de donner des news via 3 sms.

Ce soir Ray, nous dit que c'est ok pour demain, le dépanneur doit arriver cette nuit, la pousada est encore pleine  à craquer, demain sera un autre jour....

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